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par SCampion

La Présidence belge du Conseil de l’Union européenne

11 h 16 min dans Divers, Tous les articles par SCampion

Du 1er juillet au 31 décembre 2010, c’est au tour de la Belgique d’assumer la Présidence du Conseil de l’Union européenne (UE). Il s’agit là d’un véritable défi, d’autant qu’elle doit prendre en compte les nombreux changements instaurés par le Traité de Lisbonne depuis son entrée en vigueur le 1er décembre 2009.

Programme de la Présidence belge du Conseil de l’UE (pdf)

En tant que Présidente du Conseil de l’UE, le rôle de la Belgique consiste principalement à organiser et diriger, par l’intermédiaire de ses ministres compétents, les travaux de chacune des formations du Conseil. Seul le Conseil des Affaires étrangères fait exception à la règle. Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, ce dernier est présidé par la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Madame Catherine Ashton.

De manière concrète, la présidence du Conseil veille au bon déroulement des travaux, anime et facilite les discussions, tente de concilier les points de vues divergents, formule des propositions de compromis de manière à aboutir à des décisions. La Présidence assure aussi un rôle important dans les négociations avec les autres institutions de l’Union et en particulier avec le Parlement européen qui, doit, tout comme le Conseil, donner son accord sur la plupart des législations européennes.

Précisons que la présidence tournante ne concerne pas uniquement les différentes formations du Conseil des ministres de l’UE. Elle concerne également le Coreper et la grande majorité des groupes de travail.

Avant l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, la présidence semestrielle assurait également la présidence du Conseil européen. Cela n’est plus le cas. Le Conseil européen est désormais devenu une institution à part entière de l’Union, avec à sa tête un président permanent élu pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois. Depuis le 1er décembre 2009, cette fonction est exercée par l’ex premier-ministre belge Herman Van Rompuy. Sa mission consiste donc à présider les Conseils européens. 

Le traité de Lisbonne implique aussi d’autres changements. Désormais, la conduite de la PESC et la représentation de l’Union pour les matières relevant de la PESC incomberont au Haut représentant. Par ailleurs, le président du Conseil européen joue un rôle représentatif « à son niveau et en sa qualité » pour les matières relevant de la PESC. Le rôle de la présidence tournante est dès lors fortement limité. En outre, le rôle de représentation de l’Union dans les pays tiers et auprès des institutions internationales, assumé précédemment par la présidence tournante, sera à l’avenir exercé par les délégations de l’Union.

Pour définir au mieux ses priorités, la Belgique a notamment organisé une série de rencontres avec les citoyens et la société civile dans son ensemble (organes de concertation, partenaires sociaux, ONG, …). Par l’intermédiaire de ces consultations, la Belgique a permis à ces nombreux acteurs d’exprimer leurs points de vue et leurs préoccupations au sujet des grands thèmes européens. Elle a ainsi répondu au souci de rendre le projet européen tangible et plus accessible au citoyen.

Afin d’assurer une certaine continuité aux travaux de l’UE, la Belgique a établi un programme de travail commun avec la Présidence précédente (l’Espagne) et la Présidence suivante (la Hongrie), conformément aux dispositions législatives des Traités de l’UE. Ce programme couvre donc une période de dix-huit mois comprise entre janvier 2010 et juin 2011.

Voici les objectifs principaux fixés au sein de ce programme de travail commun :

• réviser la stratégie de Lisbonne afin que l’UE soit mieux à même de surmonter la crise économique, restaurer une croissance durable, un taux d’emploi plus élevé et une meilleure compétitivité

• surveiller davantage les marchés financiers

• élargir l’agenda social et le centrer sur les jeunes, sur la lutte contre les discriminations de genre et la lutte contre la pauvreté

• avancer sur les dossiers de l’énergie et du changement climatique

• faire de l’UE un espace de liberté, de sécurité et de justice (programme de Stockholm) encore plus développé 

• établir une politique européenne globale en matière d’immigration et d’asile

• assurer une représentation extérieure de l’UE plus cohérente et efficace 

• mettre l’accent sur la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales
En savoir plus sur le programme de travail commun (PDF)

Un logo en commun

Le logo de la Présidence belge est issu d’un concours international ouvert aux réalisations d’étudiants en art et design des trois pays occupant successivement la présidence de l’Union européenne du 1er janvier 2010 au 31 juin 2011 à savoir l’Espagne, la Belgique et la Hongrie. Le logo, sélectionné par un jury de professionnels, est l’oeuvre d’un jeune étudiant belge.

Le dynamisme de ces trois pays est symbolisé par l’aspect délié des lettres inclinées “eu” du logo. Elles apparaissent comme écrites à la main pour inviter tous les citoyens à se réapproprier le projet européen. Si chaque déclinaison du logo reprend les couleurs du drapeau national, l’ajout du mot “trio” en exposant évoque la solidarité entre les trois pays.

Les ministres Belges en tant qu’acteurs de la présidence

Affaires générales

Steven Vanackere

Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
CD&V
Contact :
Rue des Petits Carmes 15
1000 Bruxelles
02 501 82 11
steven.vanackere@diplobel.fed.be

Olivier Chastel

Secrétaire d’État aux Affaires européennes

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
MR
Contact :
Rue des Petits Carmes 15
1000 Bruxelles
02 501 84 11
cab.chastel@diplobel.fed.be

Affaires économiques et financières

Didier Reynders

Vice-Premier ministre et ministre des Finances et des Réformes institutionnelles

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
MR
Contact :
Rue de la Loi, 12
1000 Bruxelles
02 233 80 05
contact@ckfin.minfin.be

Melchior Wathelet

Secrétaire d’Etat au Budget, à la Politique de migration et d’asile, à la Politique des familles et aux Institutions culturelles fédérales

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
cdH
Contact :
Rue de la Loi 51
1040 Bruxelles
02 790 57 11
info@wathelet.fed.be

Justice et Affaires intérieures

Stefaan De Clerck

Ministre de la Justice

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
CD&V
Contact :
Chaussée de Waterloo, 115
1000 Bruxelles
02 542 80 11
stefaan.declerck@just.fgov.be

Joëlle Milquet

Vice-Première ministre et ministre de l’Emploi et de l’Egalité des chances, chargée de la Politique de migration et d’asile

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
cdH
Contact :
Avenue des arts 7
1210 Bruxelles
02 220 20 11
milquet@milquet.belgium.be

Annemie Turtelboom

Ministre de l’Intérieur

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
Open Vld
Contact :
2, rue de la Loi
1000 Bruxelles
02/504.85.13
min.annemie.turtelboom@ibz.fgov.be

Emploi, politique sociale, santé et consommateurs

Joëlle Milquet

Vice-Première Ministre et Ministre de l’Emploi et de l’Egalité des chances, chargée de la Politique de migration et d’asile

Niveau de pouvoir :
gouvernement fédéral
Parti :
cdH
Contact :
Avenue des arts 7
1210 Bruxelles
02 220 20 11
milquet@milquet.belgium.be

Laurette Onkelinx

Vice-Première Ministre et Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l’Intégration sociale

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
PS
Contact :
Rue du Commerce 78-80
1040 Bruxelles
02 233 51 11
info@laurette-onkelinx.be;

Paul Magnette

Ministre du Climat et de l’Energie, chargé de la Protection des consommateurs

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
PS
Contact :
Rue de Brederode 9
1000 Bruxelles
02 213 09 11
info@magnette.fgov.be

Compétitivité

Vincent Van Quickenborne

Ministre pour l’Entreprise et la Simplification

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
Open Vld
Contact :
9, rue Brederode
1000 Bruxelles
02 792 99 00
info@quickonomie.be

Sabine Laruelle

Ministre des PME, des Indépendants, de l’Agriculture et de la Politique scientifique

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
MR
Contact :
Avenue de la Toison d’Or 87
1060 Bruxelles
02 250 03 03
info@laruelle.fgov.be

Jean-Claude Marcourt

Vice-Président du Gouvernement wallon et Ministre de l’Économie, des PME, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles

Niveau de pouvoir :
Gouvernement de la Région wallonne
Parti :
PS
Contact :
Rue Kefer, 2
5100 Namur
081/234 111
jeanclaude.marcourt@gov.wallonie.be

Benoît Cerexhe

Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé de l’Emploi, de l’Economie, de la Politique agricole, du Commerce extérieur et de la Recherche scientifique

Niveau de pouvoir :
Gouvernement de Région de Bruxelles-Capitale
Parti :
cdH
Contact :
Rue Capitaine Crespel 35
1050 Bruxelles
+32/ (0)2 508.79.11
info@cerexhe.irisnet.be

Isabelle Weykmans

Ministre du Gouvernement la Communauté germanophone, chargée de la Culture et des Médias, des Monuments et Sites, de la Jeunesse et du Sport

Niveau de pouvoir :
Communauté germanophone
Parti :
PFF
Contact :
Klötzerbahn 32
4700 Eupen
+32 (0)87/59 64 22
kab.weykmans@dgov.be

 

Transports, Télécommunications et énergie

Vincent Van Quickenborne

Ministre pour l’Entreprise et la Simplification

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
Open Vld
Contact :
9, rue Brederode
1000 Bruxelles
02 792 99 00
info@quickonomie.be

Paul Magnette

Ministre du Climat et de l’Energie, chargé de la Protection des consommateurs

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
PS
Contact :
Rue de Bréderode 9
1000 Bruxelles
02 213 09 11
info@magnette.fgov.be

 

Etienne Schouppe

Secrétaire d’Etat à la Mobilité

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti:
CD&V
Contact :
Rue Royale 180
1000 Bruxelles
02 209 3311
info@schouppe.fed.be

Agriculture et Pêche

Sabine Laruelle

Ministre des PME, des Indépendants, de l’Agriculture et de la Politique scientifique

Niveau de pouvoir :
Gouvernement fédéral
Parti :
MR
Contact :
Avenue de la Toison d’Or 87
1060 Bruxelles
02 250 03 03
info@laruelle.fgov.be

Kris Peeters

Ministre-Président et Ministre fl amand de l’économie, de la Politique extérieure, de l’Agriculture et de la Politique rurale

Niveau de pouvoir :
Gouvernement flamand
Parti :
CD&V
Contact :
Place des Martyrs, 19
1000 Bruxelles
+32 2 287 41 98
kabinet.peeters@vlaanderen.be

 

Environnement

Joke Schauvliege

Joke Schauvliege

Ministre flamande de l’Environnement, de la Nature et de la Culture

Niveau de pouvoir :
Gouvernement flamand
Parti :
CD&V
Contact :
Koolstraat 35 bus 5
1000 Bruxelles
+32 2 552 63 00
kabinet.schauvliege@vlaanderen.be

 

Éducation, Jeunesse et Culture

Pascal Smet

Ministre flamand de l’Enseignement, de la Jeunesse, de l’Egalité des Chances et des Affaires bruxelloises

Niveau de pouvoir :
Gouvernement flamand
Parti :
sp.a
Contact :
Avenue Albert II 15
1210 Bruxelles
+32 2 552 68 00
kabinet.smet@vlaanderen.be

 

Philippe Muyters

Ministre fl amand des Finances, du Budget, du Travail, de l’Aménagement du territoire et des Sports

Niveau de pouvoir :
Gouvernement flamand
Parti :
N-VA
Contact :
Avenue Albert II 19
1210 Bruxelles
+32 2 552 67 00
kabinet.muyters@vlaanderen.be

Fadila Laanan

Ministre du Gouvernement de la Communauté française chargée de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des chances

Niveau de pouvoir :
Gouvernement de la Communauté française
Parti :
PS
Contact :
15-17, place Surlet de Chokier
1000 Bruxelles
+32(0)2.801.70.11
info.laanan@cfwb.be

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par SCampion

Saint-Hubert

1 h 17 min dans Légendes par SCampion

Hubert, fils de Bertrand, duc d’Aquitaine et arrière-petit-fils de Clovis était en l’an 683 un seigneur célèbre dans toute la Gaule par son intelligence, sa richesse et sa bonté. Il était âgé de vingt-huit ans et jouissait d’une renommée des plus flatteuses et d’une santé superbe. Il avait un visage loyal, ouvert et souriant. Ayant délaisse la Neustrie où la corruption des grands lui causait souci et offense, il passait ses jours en Ardenne, chez son parent, Pepin d’Heristal, comme lui puissant seigneur et maire du palais des rois Austrasie.  On ne connaissait à Hubert qu’une passion vive, irrésistible, furieuse: la chasse.

A part cela, peut-être à cause de cela, car la chasse le tenait éloigne des inévitables et ordinaires querelles, il avait une grande réputation de sagesse. Pourtant il ne pratiquait aucune religion, étant, certes, trop occupé de vénerie pour adorer aucun dieu. Il avait completement oublié l’enseignement très chrétien reçu de sa tante, sainte Ode, qui lui servit de préceptrice, car la princesse Hugberne, sa mère, était morte en le mettant au monde. Il se souciait donc fort peu de la messe et des solennites chrétiennes, mais il ne pensait pas mal faire. Il les ignorait simplement. Chaque jour, il était a la chasse, parcourait la forêt dont les halliers impénétrables étaient peuplés de sangliers et de loups, et ne rentrait à son château qu’à la nuit pleine. Parfois, sans les rechercher, il avait aperçu des idoles à l’abri de quelque chêne ou sur le bord des fontaines que les païens croyaient habitées de nymphes. Il ne s’était pas attardé dans leur contemplation.

Car s’il n’était pas chrétien, il n’était pas davantage païen, encore qu’il ne fut pas loin de croire que chaque arbre de sa chère forêt possédât une âme émue et douce, ne se rendant pas compte sans doute qu’il prêtait ainsi simplement aux choses le reflet de son âme heureuse. Le duc Hubert chassait ! Il s’occupait à bien dresser ses lévriers rapides, ses énormes matins de Tartarie et ses griffons poilus, et a affaiter les gerfaux de Meuse.

Il aimait voir sa meute gravir les pentes des collines, tandis qu’il allait dans le feu du soleil ou parmi les tempêtes. Il maniait avec une dextérité égale la hache, l’épieu, le couteau, l’épée. Il tuait d’une main sûre. Il savait que, pour les chrétiens, le cerf devait à sa noblesse d’être l’animal privilégié de Notre Seigneur Jésus-Christ; pourtant il se réjouissait d’entendre le cerf gémir, lorsque les chiens le tiennent rendu, et, en lui trouant le flanc avec l’épieu, sa main ne tremblait pas le moins du monde.

Hubert attendait même, avec grande impatience, qu’il lui fut donné de rencontrer le fameux et presque introuvable cerf blanc, mais pour le seul fait de sa grande rareté, et non parce que sa mort octroyait au chasseur, comme chacun le savait de père en fils en Ardenne, le droit de baiser à son choix les lèvres de la plus douce et mignonne pucelle.

Un jour d’hiver, Hubert partit a cheval pour la chasse, dès les premières lueurs de l’aurore. C’était le jour de la fête de la Nativité de Notre Seigneur. Du givre était épandu sur les arbres; du brouillard flottait au creux des vallons; quelques flocons de neige tombaient. Et comme il commençait à chasser, un cerf dix-cors, entièrement blanc, d’une taille extraordinaire, bondit d’un fourre et s’élança devant lui, l’entrainant dans les profondeurs de la forêt où le galop de son cheval le poursuivit.

Après plusieurs heures, le cerf ne montrait toujours aucune fatigue alors que Hubert était rompu. Pourtant la course folle continua. Soudain, il s’arrêta net.

Dans une vision de lumière, Hubert vit entre les bois du cerf l’image du Crucifié et il entendit une voix qui lui disait : – Hubert ! Hubert ! Jusqu’à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton Ame ? Hubert, saisi d’effroi, se jeta à terre et, comme Saint Paul, il interrogea la vision : – Seigneur ! Que faut-il que je fasse ? – Va donc, reprit la voix, auprès de Lambert, mon évêque, a Maestricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes pêchés, ainsi qu’il te sera enseigné.

Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n’être point damné dans l’éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée. Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme: – Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence, puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous! Hubert, duc et maire du palais des rois d’Austrasie, tint parole.

Il se rendit auprès de Lambert, son évêque, qui le reçût avec joie. Il implora sa protection, l’assurant qu’il voulait consacrer a Dieu le reste sa vie commencée dans l’impiété. L’évêque lui donna sa bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ et le mit sur la voie vertueuse et difficile du salut.

Abandonnant palais et richesses, renonçant à toutes les vanités de ce monde, Hubert se retira à Andage, dans les bois de Chamlon, ou Notre Seigneur s’était montré à lui dans les ramures d’un cerf blanc, sous la forme d’une croix étincelante.

Il habitât le monastère élevé en cet endroit par Plectrude, femme de Pepin d’Heristal, pour perpétuer le souvenir de l’incroyable mais véridique intervention de Dieu en faveur de son parent. Vêtu d’une rugueuse cotte de mailles appliquée sur sa chair, ne mangeant que racines, Hubert vécut là sept années, dans le recueillement, uniquement occupé à prier pour son salut.

Il y vécut pauvre et parvint au complet détachement des biens de la terre, et même à oublier entièrement le trouble enivrant qui l’agitait lorsqu’il allait à la chasse, cette chasse qui n’avait été pour lui qu’une illusion de bonheur agréable et dangereuse.

Mais le bruit de sa conversion se répandit dans toute l’Ardenne. Et les païens, en apprenant que cet homme si réputé, ce grand chasseur, ce très haut et noble seigneur, avait avec éclat embrassé la religion du Christ, furent ébranlés dans leurs convictions détestables et se convertirent en masse.

Bien des idoles furent alors détruites ou abandonnées, telles ces statues de la Diane chasseresse, dont Hubert, jadis, n’avait pas été sans subir le charme. Ainsi Dieu, dans sa profonde sagesse, avait suscite aux incroyants l’apôtre le plus irrésistible et le plus séduisant.

Or Lambert, évêque de Maestricht, ayant été massacré par des païens, Hubert fut appelé à lui succéder. Et le pape saint Serge voulut sacrer de ses propres mains le riche et puissant duc, si particulièrement aimé du Seigneur.

Mais comme Hubert, dès son retour de Rome, cherchait a revêtir les ornements pontificaux laisses par son prédécesseur, il ne trouva pas d’étole.

- Le ciel me juge donc indigne de l’épiscopat, dit-il, puisque la marque la plus insigne de l’autorité ecclésiastique me fait défaut ?

A peine eût-il prononcé ces paroles qu’un ange parut, de lumière céleste environné, qui lui remit une étole blanche, tissée de soie et d’or par la Sainte Vierge. Ensuite, Saint-Pierre lui-même apparut et lui présenta une clé, symbole du pouvoir qu’il aura de guérir les enragés et les déments. Cette clé n’était rien moins qu’un fragment de la propre chaine de Saint-Pierre.

En l’année 708, Hubert établit à Liège son siège épiscopal, après avoir pris le soin d’y faire transporter les restes de saint Lambert, sur les lieux.

Dès lors, Hubert fit constamment œuvre pie; convertit de nombreux incroyants; encouragea la charité; rechercha une justice égale pour tous et mis en chaque lieu des échevins; car il aimait les humbles et redoutait par dessus tout qu’on lui reprochât d’avoir été grand parmi les hommes et qu’on put l’accuser d’orgueil devant Dieu. Il reçut du ciel le pouvoir de faire des miracles et guérit force malades et possédés, ouvrant même a la lumière, comme sainte Lucie de Syracuse, des yeux qui ne voyaient plus.

La clef de saint Hubert est une des pièces majeures, avec le triptyque de la vraie Croix, du trésor de la collégiale Sainte-Croix à Liège.
Suivant la tradition, la clef aurait été donnée à saint Hubert, lors de sa visite à Rome en 722, par le pape Grégoire II et contiendrait une parcelle de la chaîne de saint Pierre. Cette clef symbolique servait à ouvrir la porte de la crypte de la basilique vaticane renfermant le tombeau du premier pape. Elle est en bronze coulé et n’aurait de primitif que la poignée. Le panneton, la tige et le noeud sont de l’époque romane. Suite à des analyses au cyclotron, certains chercheurs ont émis l’hypothèse selon laquelle la poignée serait du XVIe siècle. La question reste posée…

Il vécut la fin de sa vie malade et souffrant une douleur lancinante et terrible que rien ne pouvait soulager, il se sentit rapidement dépérir.

C’est alors qu’un ange lui apparut en songe pour lui annoncer la proche issue de son passage terrestre. Hubert, aussitôt, fit choix du lieu de sa sépulture, dans l’église qu’il avait fait construire, à Liège, en l’honneur du prince des Apôtres. En prenant la mesure de son tombeau, il dit à ceux qui l’assistaient:

- Vous creuserez ici ma tombe et y déposerez ma dépouille mortelle. Dieu veuilles recevoir mon Ame!

Et ainsi qu’il l’avait prédit, il rendit, peu de jours après son Ame à Dieu, le dernier vendredi du mois de mai de l’an de Notre Seigneur sept cent vingt-sept, dans la septante et unième année de son âge.

Sa mort fut un deuil universel.

C’est alors que de nouveaux miracles, innombrables et retentissants, se produisirent. Quatre-vingt-huit ans après le décès de saint Hubert, les moines bénédictins de Andage réclamèrent sa dépouille. Le pape ayant donné son autorisation, Valcand, évêque de Liège, ordonna de conduire a Andage la chasse magnifique qu’avait fait ciseler Carloman pour y mettre les reliques du saint. Ce qui eut lieu, en très grande pompe, en présence du pieux Louis le Débonnaire.

Cependant, dès qu’ils eurent la chasse en leur possession, les bénédictins d’Andage ne purent résister au désir de l’ouvrir. Ils y trouvèrent le saint parfaitement conservé. Puis, certainement inspirés, ils eurent l’excellente pensée d’en retirer l’étole de soie et d’or tissée par la Vierge Marie.

Et cette étole miraculeuse tint, depuis lors, le monde dans l’émerveillement. En effet, par elle, des malades, que la science des hommes ne parvenait pas a guérir, furent sauvés. Et à travers les siècles, parmi les foules qui s’empressèrent à Andage, les miracles, chaque jour, se renouvelèrent, et aussi chaque jour fut glorifiée la bienheureuse mémoire de Saint-Hubert.

Or, un jour, le troisième du mois de novembre, longtemps après la mort de saint Hubert, deux seigneurs ardennais chassaient dans la partie de la forêt voisine de Andage. A leur grande surprise, malgré qu’ils eussent battu et rebattu, ainsi que leurs veneurs, tous les bois, ils ne trouvaient trace d’aucun gibier. Consternés et dépités, ils se souvinrent tout a coup qu’ils étaient sur les lieux préférés par saint Hubert, lorsqu’il chassait, avant d’appartenir à Dieu.

Ils firent donc le vœu d’offrir au saint le premier animal qu’ils tueraient. Immédiatement leurs chiens lancèrent un sanglier énorme, qui entraina meute et chasseurs jusque sous les murs même du monastère de saint Hubert.

Là, le sanglier s’arrêta, sans tenir tête, comme s’il s’offrait volontairement aux coups des chasseurs, qui en effet, ne le manquèrent pas. Et tous furent dans la plus grande joie de voir une telle pièce abattue.

Mais oubliant la promesse qu’ils avaient faite, les seigneurs donnèrent l’ordre d’emporter le sanglier. Celui-ci, aussitôt, se dressa, comme s’il était indigne d’être soustrait à sa pieuse destination, puis bondit, passa entre les chiens et disparut aux yeux des chasseurs que remplirent l’épouvante et le remords.

Et, depuis cette époque, le trois novembre est réservé à la fête de Saint-Hubert.

Ce jour-là, les chasseurs prennent part à des grandes chasses organisées en l’honneur du saint. Les cors sonnent le réveil en fanfare de tous les villages de l’Ardenne. Les prêtres disent la messe à la lueur des flambeaux. Le plus jeune chasseur fait la quête en offrant, en guise de plateau, le pavillon de son cor retourne… ou tombèrent longtemps des pièces d’or.

Et le premier gibier tué est offert au saint eu égard au grand amour de vènerie qu’il eut avant d’être sanctifié…

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